Evaluation du niveau de perturbation d’écosystèmes aquatiques par une approche comparative spatiale

 Ecoutin J.M., Simier M., Tito de Morais L., Laë R.

IRD Centre de Brest

La majorité des études scientifiques ayant pour objet la définition de l’état de santé d’un écosystème, impose de faire référence à des peuplements et des populations de poissons vivant dans un environnement non stressé. Face à l’anthropisation croissante des écosystèmes aquatiques estuariens et continentaux, la définition d’un tel peuplement de référence devient difficile. Cela a amené certains auteurs à utiliser des séries chronologiques longues pour déterminer les tendances évolutives du peuplement soumis à un stress. Beaucoup d’études portant sur la pertinence des indicateurs biologiques ont été réalisées à partir de séries longues de données issues principalement de pêches scientifiques.

Dans les pays en voie de développement, et particulièrement en Afrique de l’Ouest, ces séries longues n’existent pas. Souvent, la description des peuplements de poissons d’un écosystème aquatique estuarien ou continental, par des pêches scientifiques ou par le suivi des pêches artisanales, est une première ; il arrive quelquefois de trouver des descriptions du peuplement d’un même écosystème séparées de quelques années, rarement plus de 10 années. Pour pallier l’inexistence de séries historiques longues, une nouvelle stratégie d’étude a été mise en place : l’approche comparative entre milieux différents sur des cycles temporels courts, généralement de l’ordre d’une année. Certains de ces milieux étudiés sont considérés comme peu perturbés, d’autres comme très perturbés face à une perturbation bien identifiée.

A partir de la comparaison de couples d’écosystèmes estuariens et continentaux d’Afrique de l’Ouest (écosystèmes peu perturbés vs perturbés), cette communication cherche à répondre à la question : peut-on substituer aux séries longues classiquement utilisées en écologie halieutique, des séries courtes (de l’ordre de l’année) provenant de milieux de niveaux différents de perturbation ?

Cet aspect méthodologique sera traité à partir d’une batterie d’indicateurs d’ordre halieutique (PUE, effort de pêche, captures, rendements, densité de pêcheurs), démographique (structures en taille, taille moyennes des captures, tailles maximales observées...), écologique (richesse, diversité spécifique, modèles de K-dominance, courbes ABC, spectres de taille, écophases observées…) et trophique (niveaux trophiques moyens, composition trophique des rendements…).

L’exploitation des quelques références historiques existantes pour certains de ces systèmes permettra de relativiser les différences observées entre les couples d’écosystèmes étudiés.