Indicateurs spatialisés de pression de pêche développés à partir d'enquêtes auprès des pêcheurs côtiers de Nouvelle-Calédonie
 
M. Léopolda, N. Guillemota,b, I. Jollita, c, D. Rocklind

a IRD (Institut de Recherche pour le Développement), UR-CoRéUs, BP A5, 98848 Nouméa, Nouvelle-Calédonie
b Pôle Halieutique, AGROCAMPUS OUEST, 65 rue de St Brieuc, CS84215, 35042 Rennes, France
c UNC (Université de la Nouvelle-Calédonie), BP R4, 98851 Nouméa Cedex, Nouvelle-Calédonie
d IFREMER Brest, Département STH, Technopôle Brest-Iroise, BP 70, 29280 Plouzané, France
 

 
L’intégration des connaissances empiriques des usagers apparaissent actuellement comme un facteur clé dans les processus d’évaluation, de suivi et de gestion des ressources halieutiques. Dans de nombreuses pêcheries tropicales côtières, où l’absence de statistiques fiables constitue une contrainte majeure, ces informations offrent la possibilité de caractériser les activités de pêche vivrières, récréatives et professionnelles, et d’estimer des indicateurs de référence (captures, effort et rendements). Différentes stratégies d’enquêtes ont ainsi été développées dans le Pacifique sud sous la forme d’interviews auprès des pêcheurs  pour évaluer l’état des ressources dans les zones étudiées. Pour améliorer leur pertinence en matière de suivi et de gestion, nous avons couplé ces données quantitatives à une approche spatialisée. Trois cas d’étude de pêcheries mono- et pluri-spécifiques de Nouvelle-Calédonie sont présentés ici. Les informations recueillies auprès des pêcheurs interrogés concernent les caractéristiques de leur activité de pêche de l’année précédente ainsi que leur(s) zone(s) de pêche (définies par engin, espèce, etc.), identifiées à l’aide d’un support cartographique visuel : images satellitaires, photographies aériennes ortho-rectifiées et/ou cartes marines. Un système d’information géographique a permis d’estimer et de cartographier les indices synthétiques de captures, d’effort et de rendements par unité de surface, et ce à différents niveaux taxonomiques et échelles géographiques. Les résultats obtenus permettent de mettre en évidence les zones de gestion prioritaires, en prenant en compte le niveau d’exploitation (forte pression de pêche) et/ou l’organisation informelle de l’espace de pêche (droits d’usage, territoires de pêche, etc.). Les indicateurs définis et la généricité du traitement des données permettent d’envisager cette méthode comme un outil efficace pour le suivi spatio-temporel des pratiques informelles des pêcheries côtières et pour la mise en place de mesures de gestion adaptées au contexte.