Protéger et exploiter la « poule aux oeufs d’or » : les enjeux des politiques islandaises de gestion des ressources (1984-2005) 
 
Emilie Mariat-Roy

Doctorante EHESS/MNHN
 
J’ai consacré mes recherches de thèses d’anthropologie à l’analyse des conséquences des politiques islandaises de gestion des ressources marines sur les villages littoraux. Particulièrement attentive à l’évolution des politiques de gestion des ressources qui ont fait l’objet de très nombreux réajustements depuis l’instauration des quotas de pêche (1984), je me suis notablement intéressée aux nouvelles pratiques de pêche qui se sont développées dans le contexte d’un régime de quotas de pêche transférables, instauré en 1991.
Les exploitations et protections des ressources constituent un enjeu fondamental pour ce pays qui, s’il a développé d’autres secteurs d’activités qui lui rapportent des recettes substantielles, « vit » encore aujourd’hui des produits de la pêche. Les gouvernements successifs ont entrepris d’élaborer des politiques de restructuration du secteur des pêches et de préservation des ressources afin de pérenniser ce secteur clé de son économie. Les économistes, et surtout les biologistes, ont été très largement consultés et impliqués dans ce processus de rationalisation d’une économie fragilisée, à la fin des années 1970, par la surcapacité de sa flottille et par la menace d’effondrement de ses principales ressources marines.
Dans cette présentation, nous exposerons sommairement deux enjeux complémentaires des politiques de gestion des ressources marines: d’une part, la politique des quotas transférables – en institutions, en théorie et en pratiques- ; d’autre part, l’évolution des formes de participation des biologistes dans l’administration des politiques gouvernementales et les motifs des débats qui les ont régulièrement opposé aux associations professionnelles des secteurs de la pêche et de la transformation. Les biologistes de l’Institut de Recherche Marine soumettent chaque année un T.A.C. au Ministère des Pêches qui tente, non sans difficultés, sur la base de ces recommandations, de trouver un ultime compromis entre recherche de performance économique et souci de préserver durablement une ressource et une activité.
La tâche est plus ardue que jamais dans le contexte de la crise économique majeure que traverse le pays depuis octobre 2008.