Ecologie trophique du calmar Loligo vulgaris (Lamarck, 1799) (Mollusca : Cephalopoda) étudiée à partir des isotopes stables : variation ontogénique et spatial du régime alimentaire en Atlantique du Nord-Est.


Martin B.1, Lefebvre S. 1, Pereira J. 2, Santurtún M. 3, Robin J.P. 1

1 - Université de Caen Basse-Normandie, UMR-IFREMER-100-Physiologie et Ecophysiologe des Mollusques Marins, Esplanade de la Paix, 14032 Caen cedex, France
2 - IPIMAR Av. Brasilia s/n 1400 Lisboa, Portugal
3 - AZTI Txatxarramendi Ugartea z/g 48395 Sukarrieta (Bizkaia), España


Loligo vulgaris est l’une des deux espèces de calmar les plus pêchés dans les eaux européennes et cette espèce est dominante dans le sud. Une meilleure connaissance de son régime alimentaire est essentielle pour une bonne gestion pluri-spécifique des ressources marines et pour mieux comprendre les conséquences de son exploitation sur le réseau trophique marin (approche écosystémique des pêches). Dans cette étude, l’analyse de la signature isotopique de l’azote (15N) et du carbone (13C) de différents tissus est utilisée pour caractériser l’écologie alimentaire de Loligo vulgaris. C’est une méthode simple et directe  moins sujette à des biais que l’analyse des contenus stomacaux. Les échantillons de Loligo vulgaris ont été collectés en provenance de trois pêcheries utilisant des chaluts de fond durant l’hiver 2007-2008. Les spécimens ont été capturés en Manche, au sud du Golfe de Gascogne et au large du Portugal. Les valeurs biométriques de base ont été mesurées afin de définir un sous-échantillonnage pour l’analyse isotopique, dans le but de tester l’hypothèse de changements ontogéniques du régime alimentaire, ainsi que les différences spatiales et celles liées au sexe. Pour chaque spécimen, une série de tissus a été analysée car ils intègrent une signature isotopique liée à la consommation à différentes échelles de temps : les tissus mous (muscle, glande digestive et gonades) sont renouvelables, donc leur signature isotopique décrit le régime présent (ou récent). Les structures dures chitineuses (bec et plume) permettent un archivage à long terme de leur environnement trophique : les parties anciennes représentent le régime du nouveau-né et les parties récentes représentent le régime de l’adulte. Les plumes ont été coupées en différentes parties pour révéler le changement de la signature isotopique en fonction de la croissance. Les résultats seront analysés en s’appuyant sur d’anciennes études basées sur les contenus stomacaux et sur les connaissances actuelles de l’enrichissement isotopique chez les céphalopodes.