Comment les biomasses de groupes fonctionnels varient-elles sous l'impact - direct ou indirect - de la pêche ?

Yves Reecht, Marie-Joëlle Rochet, Verena Trenkel
 
IFREMER - EMH, Centre de Nantes


La dynamique de groupes fonctionnels dans une communauté peut permettre de mieux comprendre les impacts d'une perturbation sur le fonctionnement du système. Nous nous attendons en particulier à ce que les groupes fonctionnels répondent différemment à la pression de pêche, en fonction de leur exposition directe et de leurs interactions (effets indirects).
Des séries chronologiques de biomasse de groupes fonctionnels de prédation – définis selon une  approche écomorphologique dans la communauté de poissons démersaux de mer Celtique au cours d'une précédente étude – ont été utilisés pour caractériser l'effet de la pêche sur le fonctionnement de la communauté.
Un indice de proportion de biomasse prélevé par la pêche montre de fortes disparité dans l'exposition directe à la pression de pêche, parmi les groupes fonctionnels de prédation.
Les effets de la pêche sur les dynamiques temporelles des groupes fonctionnels ont été testés à trois nivaux : i) nous montrons des effets directs de la pêche sur le fonctionnement de la communauté, mis en évidence par des similitudes dans les dynamiques temporelles des groupes les plus exposés à la pêche, ii) la caractérisation des relations proie-prédateur montre l'absence de contrôle top-down mais des signes de contrôle bottom-up, indiquant un faible impact indirect de la pression de pêche sur les bas niveaux trophiques et iii) l'absence dans la plupart des groupes de prédation mixtes – du point de vue de l'exposition à la pêche des espèces qui les composent – de phénomène de compensation écologique suggère une résilience limitée en cas de perturbation.