Evaluation de l’impact des Aires Marines Protégées sur le fonctionnement trophique des écosystèmes :  cas du Parc National de Port-Cros, en Méditerranée.

Audrey Valls1, Didier Gascuel1, Sylvie Guénette1 et Patrice Francour2

1 Université Européenne de Bretagne, Pôle halieutique Agrocampus Ouest, UMR Ecologie et Santé des Ecosystèmes, 65 Route de Saint Brieuc, CS 84215, 35042 Rennes Cedex, France
2 Université de Nice-Sophia Antipolis, Faculté des Sciences, Laboratoire EA 4228 ECOMERS, Parc Valrose, 06108 Nice cedex 2, France

Les Aires Marines Protégées (AMP) sont considérées comme un outil majeur pour la gestion des stocks halieutiques dans le cadre de l'approche écosystémique des pêches. Cependant, les gestionnaires disposent assez rarement d’une évaluation objective de l’efficacité réelle de ces AMP d’un point de vue halieutique. L’objectif de cette étude, menée dans le cadre du projet de recherche Amphore (financement ANR Biodiversité), est d’évaluer l'impact de l'AMP du Parc national de Port-Cros (Var), en Méditerranée, sur le fonctionnement trophique de l'écosystème sous-jacent. Cette zone protégée dispose d’une importante biodiversité et fait l'objet d'un suivi scientifique, approfondi et ancien, de l'essentiel de ses compartiments biologiques et des activités humaines de prélèvement qui y sont pratiquées. Dans un premier temps, un modèle trophodynamique Ecopath est construit, visant à proposer une synthèse cohérente des connaissances acquises sur le fonctionnement de cette aire marine protégée. Nous cherchons ensuite à mesurer l'effet réserve en simulant, à l’aide de modèles Ecopath et EcoTroph, différents scénarios de gestion (d'une interdiction totale à une suppression de toute interdiction) et en quantifiant leurs effets sur les biomasses, les flux trophiques et la biodiversité fonctionnelle de l’écosystème. Nous nous intéressons enfin à l'intérêt et à la robustesse de cette démarche de modélisation comme indicateur de l'efficacité des AMP.