Des trajectoires VMS aux distributions spatiales de thons tropicaux
 
Walker E. 1,2,  Bez N.2

(1) CLS, Ramonville, France
(2) IRD, UMR 212 EME, Sète, France

 
 
Actuellement, la distribution spatiale des thons tropicaux pêchés par les senneurs français dans l’océan indien est représentée à partir des données de livres de bord. Or ces données ne comportent qu’une position par jour et le nombre de calées réalisées pendant cette journée : l’ensemble des zones prospectées sans action de pêche et donc indicatrices d’absence d’agrégations n’est donc pas connue. Ces zones seraient pourtant utiles à la cartographie des abondances. Cette flottille étant équipée de systèmes VMS (Vessel Monitoring Systems, balises GPS émettrices), les trajectoires données par les VMS  sont utilisées pour déduire du comportement des navires, les zones de présence (pêche) et d’absence (non pêche) d’agrégations de thonidés. Le problème est donc d’estimer l’activité d’un navire à partir de sa trajectoire.
L’application d’un modèle markovien permet de distinguer les activités de route/recherche, des activités arrêts/pêche. Pour la majorité des sorties en mer (exceptées celles où un observateur est à bord), l’activité réelle du navire n’est pas connue (variable latente), ce qui justifie l’approche par chaînes de Markov à états cachés. Le modèle a été développé dans un contexte bayésien incluant des connaissances a priori sur les paramètres du modèle (longueur des pas, angles de changement de cap et matrice de transition).
Ce modèle a été calibré grâce aux données collectées par des observateurs embarqués sur 10% de la flottille, puis validé par les données de livres de bord remplis par l’ensemble des pêcheurs, exhaustifs sur la flottille mais moins précis en termes de position et de date des coups de pêche. Le taux d’erreur est de 10% pour des positions VMS enregistrées toutes les heures.
Une fois estimée, l’activité des senneurs (recherche/pêche) en chaque point de leurs trajectoires a permis d’étudier la structure spatiale des zones de présence de bancs de thons (variogramme d’indicatrice) et d’en déduire par krigeage des cartes de présence/absence de thon capturable.