GASCUEL D., LAURANS M., SIDIBE A., BARRY M.D., 2004. Diagnostic comparatif de l’état des stocks et évolutions d’abondance des ressources démersales, dans les pays de la CSRP. . Actes du symposium international, Dakar (Sénégal), 24-28 juin 2002, Bruxelles, Office des publications officielles des Communautés européennes, XXXVI-532-XIV p. (coll. Rapports de recherche halieutique A.C.), 205-222


Diagnostic comparatif de l’état des stocks et évolutions d’abondance des ressources halieutiques
Manuscrit à paraître dans les actes du Symposium de Dakar, Juin 2002

 

 

Diagnostic comparatif de l’état des stocks
et évolutions d’abondance des ressources démersales,

dans les pays de la CSRP

 

Didier Gascuel (1), Martial Laurans (1), Aboubacar Sidibé (2), Mariama D. Barry(3)

(1) Département Halieutique, ENSAR, 65 Rue de Saint Brieuc, CS 84215,  F-35 042 RENNES Cedex

(2) CNSHB, BP 3738, Conakry, Guinée

(3) CRODT, BP 2241, Dakar, Sénégal

 

Résumé

 

Cette communication présente une synthèse des travaux menés dans le cadre du projet SIAP, par le groupe « Analyses mono-spécifiques ». Ces travaux se fixaient pour objectif d’analyser les statistiques de pêche commerciale et les données des campagnes de chalutage scientifiques, afin d’en déduire des diagnostics concernant l’état actuel des stocks exploités et des éléments de compréhension du fonctionnement des écosystèmes de la sous-région. Les analyses portent sur une sélection d’une vingtaine de stocks, répartis dans les eaux des différents pays et couvrant une large gamme de caractéristiques écologiques. Trois catégories de méthodes sont mises en œuvre : l’estimation de séries chronologiques d’indices d’abondances par les méthodes de type GLM ; l’analyse des séries de prises par unité d’effort et la modélisation de la dynamique de la pêcherie par l’approche globale ; l’analyse des cohortes et le diagnostic par les modèles de biomasse et rendement par recrue. On propose un classement synthétique de l'état des différents stocks étudiés, en s'appuyant sur une démarche indicateurs. Ces traitements mono-spécifiques sont complétés en Guinée par l’étude des évolutions d’abondance des communautés écologiques et groupes fonctionnels.

Les analyses mettent en évidence une situation très dégradée des ressources démersales dans les pays de la CSRP. Au Sénégal, la biomasse des cinq espèces considérées a chuté de 75 % depuis 15 ans ; les stocks de pageot, de thiof, de pagre à points bleu et de thiekem sont dans une situation de très forte surexploitation, avec des pertes de capture très importantes comparativement aux potentiels biologiques, et avec pour certains des risques marqués d'effondrement durable du stock. En guinée, les biomasses des espèces côtières étudiées diminuent également très fortement ; l'ensemble des stocks de poissons démersaux aurait ainsi vu sa biomasse divisée par 2 dans la dernière décennie ; la sur-exploitation semble moins marquée qu'au Sénégal, mais serait cependant avérée pour les ressources côtières, en particulier pour le bar nanka et les machoirons. En Mauritanie, l'analyse reste très parcellaire faute de données de pêche disponibles au moment de l'étude. On met cependant en évidence de fortes baisses d'abondance pour le pageot et le thiof. Une situation globale de pleine ou surexploitation est par ailleurs confirmée par un récent symposium tenu dans ce pays. Enfin au Cap Vert, les captures de Garoupa et de langouste profonde seraient proches des potentiels biologiques estimés.

Au-delà de cette approche mono-spécifique, les écosystèmes exploitées présentent des capacités de réaction, dont rend par exemple compte le développement des pêches de céphalopodes ou de crevettes. Ces capacités sont cependant limitées et la sur-exploitation de ces ressources émergentes pourrait conduire à une situation catastrophique pour les pêcheries démersales, artisanales comme industrielles, de l'Afrique du Nord-Ouest.

 

 

Mots clés : Ressources démersales, Afrique du Nord-Ouest, Evaluation de stock, Diagnostics, Evolutions d'abondance.


Introduction

De manière assez paradoxale, les ressources démersales de l’Afrique de l’Ouest n’ont fait l’objet jusqu'à présent que d’un nombre très limité d’évaluations de stocks. Ces ressources sont pourtant à la base d’une activité de pêche qui s’est fortement développée au cours des dernières décennies et qui occupe une place très importante dans l’économie des pays concernés. Pourtant, aucune procédure d’évaluation en routine n’a pour l’instant été mise en place et seuls des travaux ponctuels sont aujourd’hui disponibles.

 

Parmi les pays de la CSRP, la Mauritanie est ainsi le seul où des séminaires ou groupes de travail en évaluation de stocks soient périodiquement réunis. Le dernier en date, tenu en 1998, indiquait cependant que faute de statistiques de pêche disponibles, aucune évaluation n’avait pu être conduite pour les stocks de poissons démersaux ; l’analyse des données de campagnes de chalutage scientifique indiquait simplement une baisse d’abondance des poissons côtiers (Anonyme, 1999). Parmi les ressources démersales, seul le poulpe a pu alors faire l'objet d'une réelle évaluation de stock (Ibid.).

Au Sénégal, un certain nombre de travaux pionniers ont été menés dans les années 80, notamment sur le pageot Pagellus bellottii (Francqueville, 1983), le rouget Pseudupeneus prayensis (Chabanne, 1983) et le thiof Epinephelus aeneus (Cury et Worms, 1982), mais ils sont restés assez largement sans suite. Seul le pageot a fait l’objet d’une nouvelle évaluation en 1994 (Maury, 1994) et des diagnostics assez rudimentaires ont été établis sur des ensembles de stocks plurispécifiques (Cavérivière et Thiam, 1994 ; Gascuel et Thiam, 1994 ; Gascuel et Ménard, 1997). Plus récemment, seul l'état du stock de poulpe a été évalué (Jouffre et al., 2002 ; Laurans et al, 2002).

En Guinée, les campagnes de chalutage scientifiques ont permis de mettre en évidence des baisses significatives de l’abondance des ressources côtières au cours de la décennie 90 (Domain, 1989 et 2000 ; Gascuel et al., 1997), mais les statistiques de pêche ne sont établies que depuis 1995 et seul le bobo Pseudotolithus elongatus a fait récemment l’objet d’une évaluation de stock (Sidibé, 1998 et Sidibé et al., 2000).

Aucun travail de ce type n’est apparemment disponible, au moins pour la période récente, en Gambie et en Guinée Bissau. Enfin, au Cap Vert, un séminaire tenu en 1996 a conduit à une première évaluation du stock de langoustes roses Palinurus charlestoni (Eide et al., 1999).

 

Ce déficit en matière de suivi des stocks, souligné dès 1984 par Poinsard et Garcia, signifie que les potentiels de production restent largement méconnus ainsi que l’impact des exploitations sur les ressources ciblées, et à fortiori sur le fonctionnement des écosystèmes sous jacents. Naturellement, des observations convergentes conduisent parfois à une connaissance plus ou moins empirique de l’état des stocks et la surexploitation de certains d’entre eux est un fait avéré, indépendamment presque de toute étude scientifique. Néanmoins, celles-ci restent évidemment nécessaires pour établir un diagnostic quantitatif et fonder toute mesure de gestion raisonnée du secteur des pêches.

 

Dans le cadre du projet SIAP, un travail a donc été engagé avec un double objectif. D’une part, un objectif institutionnel ; à l’échelle sous régionale, il s'agissait ainsi de renforcer les pratiques de travail en collaboration et de former des chercheurs aux méthodes d’analyse et de valorisation des données, dans une optique d’évaluation des stocks. D’autre part, un objectif scientifique ; à partir de l’étude d’une sélection de stocks, il s’agissait d’établir un diagnostic et d’évaluer l’impact de la pêche sur les ressources démersales des pays de la CSRP. Une approche comparative doit ainsi permettre de passer de résultats établis stock par stock à une compréhension fonctionnelle de la dynamique des ressources démersales, à l’échelle nationale et sous régionale.

 

Compte tenu des données et de l’expertise disponibles, une vingtaine de stocks a pu être pris en compte. Les analyses ont été conduites entre janvier 2001 et juin 2002, en particulier au cours de quatre groupes de travail du projet SIAP. Les résultats validés lors des deux derniers groupes de travail (Mindelo, octobre 2001 et Ténérife, février 2002) font l’objet d’une présentation détaillée par stock ou pays, dans un rapport édité par la FAO (Gascuel et al., éds en prép.). Certains de ces résultats sont succinctement repris dans plusieurs notes du présent document (voir en particulier Sidibé et al., a et b ; Laurans et al., a et b ; Barry et al.). On propose ici une synthèse de l’ensemble de ces résultats.

 

 

 

Données et méthodes

·         Données

Deux catégories de données sont utilisées. La première correspond aux observations issues des campagnes de chalutage scientifiques menées dans la sous région. Ces données permettent d’estimer des séries pluriannuelles d’abondance pour les espèces considérées. Ceci conduit à ne prendre en compte que des séries de campagnes présentant une relative homogénéité méthodologique. Trois séries sont ainsi considérées : les campagnes d’inventaires menées sur l’ensemble du plateau continental de Mauritanie par le navire océanographique N'Diago de 1982 à 1999 ; les campagnes du Laurent Amaro au Sénégal entre 1986 et 1994 ; les campagnes du André Nizery en Guinée de 1985 à 1998.

 

La seconde catégorie de données utilisées correspond aux statistiques de pêche issues des bases de données nationales : effort de pêche (en heure ou jours de pêche par type de navire), captures (débarquements et rejets lorsqu'ils sont disponibles), et fréquences de taille. Globalement, ces données sont disponibles au Sénégal depuis 1983, au Cap Vert depuis 1994 et en Guinée depuis 1995. Elles restent malheureusement inaccessibles en Mauritanie, pour les espèces considérées, ainsi qu’en Gambie et en Guinée Bissau.

 

 

·         Méthodes d’évaluation

Trois types de méthodes sont mis en œuvre :

-        Les méthodes de modélisation de type GLM (General Linear Model) sont utilisées pour estimer des indices d’abondance annuels, à partir des données de campagnes scientifiques. Cette approche conduit à estimer un schéma de répartition spatio-saisonnier pour chaque espèce et à utiliser ce schéma moyen dans le calcul des indices d’abondance annuels. Le traitement mené pour chacune des espèces considérées est complété en Guinée et au Sénégal par une estimation des indices d’abondance globaux par communauté écologique (communauté à Sparidés et communauté à Sciénidés) et par classe trophique ([1]).

 

-        Le modèle global ou modèle de production est utilisé avec deux objectifs. D'une part, pour analyser la cohérence de différentes séries d’abondance disponibles : indices d'abondance issus du GLM, PUE des différents segments de la flottille (éventuellement corrigées d’une dérive des puissances de pêche), données de la littérature. D'autre part, pour établir un diagnostic sur l’état du stock considéré. A partir d’une série d’abondance, on estime un effort de pêche théorique (ratio captures totales / abondance). Le modèle global est ensuite ajusté à la série historique des données d’efforts théoriques et d’abondance, par les méthodes de pseudo-équilibre (i.e. sous l’hypothèse que l’abondance observée chaque année est en équilibre, en terme d’espérance, avec l’effort de pêche pondéré des années récentes). Deux types de modèle sont généralement testés : le modèle exponentiel de Fox (1970), d’une part, et le modèle généralisé de Pella et Tomlinson (1969), d’autre part. On en déduit notamment une estimation : du potentiel de production du stock (production maximale équilibrée ou MSY), de l’effort de maximisation de la production (fFMY , exprimé en multiplicateur d’effort comparativement à la situation actuelle) et de l’état actuel de la biomasse comparativement à la situation vierge (ration B / Bv). La biomasse absolue du stock est également estimée en recouvrant à la formule empirique de Gulland ([2]). L’ajustement du modèle est conduit pour les différentes séries d’indices d’abondance disponibles ; on en déduit différentes estimations de MSY et fFMY et donc une plage de valeurs plausibles pour ces paramètres.

 

-        Lorsque les données requises sont disponibles, un diagnostic de l’état de chaque stock considéré est également établi par les modèles structurés en âge. A partir des données de captures totales par classe de taille, les captures par groupe d’âge sont estimées par les méthodes de décomposition polymodale sous contraintes (i.e. les tailles moyennes à chaque âge sont fixées conformément à la loi de croissance de l’espèce, loi qui est connue par ailleurs). L’analyse des cohortes permet ensuite d’estimer les mortalités par pêche et les effectifs du stock. Au Sénégal et au Cap Vert, où des données sont disponibles depuis un nombre suffisant d’années, l’analyse des cohortes est conduite sur tableaux complets ; elle conduit donc à estimer les biomasses du stock, le recrutement et la mortalité par pêche moyenne, au cours de chacune des années antérieures. Dans la mesure où l’on souhaite ici obtenir un diagnostic indépendant des indices de biomasse précédemment estimés, l’analyse des cohortes est conduite sans calibration. En revanche, différents ajustements sont réalisés, correspondant à différentes hypothèses d’évolution de la mortalité par pêche dans les années récentes. En Guinée, où les données ne sont disponibles que depuis 1995, les mortalités par pêche sont estimées par une analyse rectifiée des pseudo-cohortes (Laurec et Santarelli, 1986), qui prend en compte l’évolution récente de l’effort de pêche.

Des modèles de biomasse et de rendement par recrue sont ensuite calculés. Ils permettent d’établir un diagnostic de l’état du stock considéré et conduisent à l’estimation des nouveaux indicateurs de rendement halieutique maximum (Y/Rmax), d’effort de maximisation (fY/Rmax) et d’impact de la pêche sur la biomasse (modèle de biomasse par recrue B/R, comparativement à la situation vierge).

 

 

·         Mise en œuvre – Démarche « indicateurs »

Les analyses sont conduites pour une sélection d’espèces, en cherchant à prendre en compte à la fois des ressources importantes d’un point de vue économique et une large diversité de cas d’étude d’un point de vue écologique. Certains stocks de poissons étudiés (Tab.1) appartiennent ainsi à la communauté écologique à Sparidés, généralement abondante sur les fonds sableux et rocheux de 20 à 100 mètres et particulièrement importante au Sénégal. D’autres appartiennent à la communauté à Sciaenidés, regroupant des poissons côtiers présents sur des fonds à prédominance vaseuse, à des profondeurs inférieures à 20 mètres ; cette communauté est particulièrement développée en Guinée. Enfin, quelques traitements préliminaires concernent d’autres groupes zoologiques : sélaciens, céphalopodes et crustacés.

 

 

Tableau 1 – Synthèse des différentes analyses menées sur les différents stocks pris en compte.

. GLMcamp : Estimation d'indices d'abondance par modélisation GLM des données de campagnes scientifiques ;

. Mod.glob. : Ajustement du modèle global aux données de captures et indices d'abondance ;

. App.struc : Approche structurale : analyse des cohortes, modèles de rendement et biomasse par recrue.

 

 

 

Cap Vert

Mauritanie

Sénégal-Gambie

Guinée

Communauté à Sparidés

S.caeroleostictus

Pagre pt.bl

 

GLMcamp

GLM+Mod.glob+App.struc.

App.struc.

P.bellottii

Pageot

 

GLMcamp

GLM+Mod.glob+App.struc.

App.struc.

P.prayensis

Rouget

 

 

Mod.Glob

 

C.taeniops

Garoupa

App.struc

 

 

 

E.aeneus

Thiof

 

GLMcamp

GLM+Mod.glob+App.struc.

 

Communauté à Sciaenidés

P.elongatus

Bobo

 

 

 

GLM+Mod.glob+App.struc.

P.senegalensis

Bar sénégal.

 

 

 

GLM+Mod.glob+App.struc.

P.typus

Bar nanka

 

 

 

GLM+Mod.glob+App.struc.

G.decadactylus

Petit Capit.

 

 

GLM+Mod.glob+App.struc.

GLM+Mod.glob+App.struc.

Arius spp.

Machoiron

 

 

 

Mod.glob

Sélaciens

M.mustelus

Tollo

 

GLMcamp

 

 

Céphalopode

O.vulgaris

Poulpe

 

 

GLMcamp

 

Crustacés

P.charlestoni

Langou.prof.

Mod.Glob

 

 

 

P.notialis

Crevette côt.

 

GLMcamp

 

 

 

 

Compte tenu des données disponibles et du délai imparti aux analyses, l’évaluation des stocks par les différentes approches a pu concerner cinq espèces au Sénégal et sept en Guinée. Pour ces deux pays, la couverture est donc relativement importante et permet d’avoir une première appréciation de l’état des ressources démersales, au moins en ce qui concerne les poissons. Au Cap Vert, l’état du stock de Garoupa Cephalopolis taeniops est évalué par l’approche structurale et celui du stock de langoustes roses par le modèle global. Enfin en Mauritanie, les indices d’abondance de cinq espèces sont estimés, à partir des données des campagnes scientifiques.

 

Les résultats sont synthétisés en recourant à deux approches complémentaires.

 

-        Une synthèse graphique permet de visualiser simultanément : l’état de l’exploitation (situation de sur ou sous exploitation, selon que l’effort de maximisation des captures est inférieur ou supérieur à l’effort actuel), et l’état de la biomasse du stock considéré (ratio biomasse actuelle sur biomasse à l’état vierge, comparé en référence à un seuil de précaution conventionnellement fixé à 20%; ce seuil défini le niveau minimum de précaution ou "Mbal"). Pour chaque stock, les différentes estimations de ces indicateurs mfMSY et B/Bv, correspondant aux différentes méthodes ou hypothèses utilisées, sont représentées sur un même graphique ; ceci permet une appréciation visuelle facile de la cohérence des diagnostics.

 

-        Un tableau de caractérisation de l’état du stock et de l’exploitation est établi en recourant à quatre indicateurs : l’excédent d’effort de pêche (situation actuelle de l’effort effectif comparativement au mfMSY) ; la perte de capture (comparativement au MSY) ; la perte de biomasse (comparativement à l’état vierge) ; et l’éventuelle mise en évidence d’une baisse tendancielle du recrutement dans les années récentes. Un indicateur Bilan est défini selon une démarche d’expertise. Il est codé en 4 niveaux, d’une situation de sous-exploitation à une situation de grave sur-exploitation (Tab.2). A cet indicateur Bilan est associé un indice de certitude du diagnostic, qui dépend de la plus ou moins grande cohérence des résultats obtenus et de la fiabilité des données utilisées. Cet indice est codé de 0/5 à 5/5, à nouveau selon une démarche d’expertise (Tab.2).

 

 

Tableau 2 - Codage de l’indicateur Bilan et de l’indice de certitude

Indicateur Bilan de l’état du stock et de l’exploitation

   A - Sous ou pleine exploitation : pas d’excédent d’effort ;

   B - Sur-exploitation modérée : présence d’un excédent d’effort, mais perte de captures faible ;

   C - Sur-exploitation marquée : excédent d’effort et perte de captures importantes ; forte baisse de l’abondance mais pas de mise en évidence de baisse tendancielle du recrutement ;

   D - Grave sur-exploitation : baisse tendancielle du recrutement ; risque marqué d’un effondre-ment durable du stock.

Indice de certitude des diagnostics

  0/5 - Absence de diagnostic : pas de résultats ou résultats non concordants ;

1/5 - Diagnostic très douteux : quelques résultats très partiels ;

2/5 - Diagnostic incertain : quelques résultats concordants, mais avec une incertitude globale importante ;

3/5 - Diagnostic vraisemblable : un faisceau de résultats incertains mais concordants ;

4/5 - Diagnostic fiable : ensemble des résultats concordants, incertitude globale modérée ;

5/5 - Diagnostic certain : ensemble des résultats fiables et concordants.

 

 

 

Résultats

·         Evolution de l’effort de pêche et des abondances

 

 Les évaluations par l’approche globale conduisent à estimer l’abondance des différents stocks considérés et les efforts de pêche théoriques correspondants, depuis 1983 au Sénégal et depuis 1985 en Guinée (Fig.1).

Au Sénégal, l’abondance des 5 espèces prises en compte a diminué de 75% depuis 15 ans. La baisse est particulièrement forte pour le thiof et le pageot. L’effort de pêche, qui était déjà important au début des années 80, a depuis été multiplié par 2,5.

En Guinée, les 5 espèces considérées ici appartiennent toutes à la communauté côtière à Sciaenidés, qui était dans une situation quasiment inexploitée en 1985, avec des efforts de pêche extrêmement réduits. Les biomasses estimées pour cette époque correspondent donc à une situation proche de l’état vierge. Depuis, l’effort de pêche s’est considérablement accru et les biomasses ont baissé de 70% en 10 ans. Elles semblent cependant se stabiliser depuis 1995.

 

Figure 1 - Evolution de l’abondance des stocks et des efforts de pêche spécifiques au Sénégal et en Guinée

 

 

 

·         Estimation des potentiels et des pertes de capture

Pour les 5 stocks évalués au Sénégal, le potentiel de capture cumulé (somme des MSY) est estimé à environ 26 000 tonnes, dont presque 11 000 tonnes pour le seul pageot (Fig.2). Les captures actuelles sont de l’ordre de 15 000 tonnes ; la sur-exploitation conduit ainsi à une perte de capture estimée à plus de 40 % du potentiel théoriquement disponible. Ces pertes sont particulièrement marquées (entre 50 et 70 %) pour une espèce à haute valeur commerciale comme le thiof.

En Guinée, le potentiel cumulé des 7 espèces considérées est estimé à environ 20 000 tonnes ; le pagre Pagrus caeroleostictus, le bossus Pseudotolithus elongatus et les machoirons Arius spp. apparaissent comme les espèces principales. Pour ces mêmes 7 espèces, la capture actuelle est de l’ordre de 19 000 tonnes et doit donc être considérée comme étant proche du potentiel. Une perte significative de capture est néanmoins mise en évidence pour le bar nanka Pseudotolithus typus et les machoirons.

Au Cap Vert, le potentiel de production est estimé à environ 40 tonnes pour la langouste rose et à 130 tonnes pour le Garoupa. Les captures actuelles seraient proches de ces potentiels.

 

 

Figure 2 - Estimation des potentiels de captures (MSY) et des « pertes » de captures (Yact captures actuelles ; Yeact captures à l’équilibre correspondant à l’effort actuel).

 

 

 

·         Synthèse diagnostic

Au Sénégal, tous les diagnostics établis indiquent que 4 des 5 stocks considérés se situent dans une situation de très nette sur-exploitation et de biomasses proches ou inférieures au seuil empirique de précaution (Fig.3 et Tab.3). La situation apparaît particulièrement dégradée pour le pageot, le thiof et le petit capitaine (Galeoides decadactylus) avec des excédents d’effort qui pourraient dépasser 50 % (jusqu’à 80 % pour le pageot) et des pertes de captures très significatives (jusqu’à 70 % pour le thiof). Pour ces 3 espèces, l’analyse des cohortes met en outre en évidence une baisse sensible du recrutement dans les années récentes ; cette baisse pourrait traduire un phénomène de « sur-exploitation du recrutement » et conduire à un effondrement durable des biomasses. Le diagnostic global est ici qualifié de « grave sur-exploitation (D) » et est considéré comme extrêmement fiable. Le pagre à point bleu présente également une situation dégradée, mais avec des pertes de capture et un excédent d’effort, qui bien que significatifs, sont moins importants que pour les trois espèces précédentes. Aucune baisse tendancielle du recrutement n’est en outre mise en évidence et le diagnostic global indique une situation de « sur-exploitation marquée (C) ». Enfin, seul le Rouget présente une situation apparemment plus favorable avec une situation vraisemblable « proche de la pleine exploitation (A) ».

 

Figure 3 - Synthèse graphique de l’état d’exploitation et de biomasse des stocks évalués au Sénégal (haut) et en Guinée (bas). (Pour chaque stock sont indiquées les différentes estimations obtenues ; l’ellipse correspondante englobe ainsi les diagnostics considérés comme plausibles).

 

 

Tableau 3 - Indicateurs de l’état des stocks et des pêcheries prise en compte au Sénégal, en Guinée, en Mauritanie et au Cap Vert (cf. définition des indicateurs en partie méthode).

 

Excédent d'effort

Perte de capture

Perte de biomasse

Baisse de Recrutement

BILAN

Sénégal

 

 

 

 

 

Pagre pt.bl

10 - 50 %

5 - 40 %

75 - 85 %

Non

C   4/5

Pageot

60 - 80 %

30 - 55 %

80 - 90 %

Oui

D   5/5

Rouget

0 %

0 %

45 - 60 %

 

A   3/5

Thiof

35 - 55 %

50 - 70 %

80 - 92 %

Oui

D   5/5

Petit Capitaine

40 - 60 %

25 - 40 %

70 - 90 %

Oui

D   4/5

Guinée

 

 

 

 

 

Pagre pt.bl

0 - 20 %

0 ?

60 %

 

A-B   2/5

Pageot

0 ?

0 ?

60 % ?

 

A   1/5

Bobo

0 - 50 %

0 - 15 %

55 - 65 %

 

B   3/5

Bar sénégal.

10 - 50 %

5 - 20 %

60 - 70 %

 

B   3/5

Bar nanka

20 - 70 %

20 - 40 %

65 - 80 %

 

C   4/5

Petit Capit.

0 - 60 %

0 - 25 %

55 - 70 %

 

B   3/5

Machoiron

30 - 65 %

5 - 30 %

70 - 85 %

 

C   4/5

Cap Vert

 

 

 

 

 

Garoupa

0 %

0 %

50 - 60 %

 

A   3/5

Langouste prof.

0 - 40 %

0 - 15 %

65 - 80 %

 

B   2/5

Mauritanie

 

 

 

 

 

Pagre pt.bl

 

 

?

 

0/5

Pageot

 

 

> 35 %

 

C   2/5

Thiof

 

 

> 55 %

 

C   2/5

Tollo

 

 

?

 

0/5

 

 

En Guinée, la situation des sept stocks étudiés apparaît comparativement moins dégradée, mais aussi plus incertaine (cf. les ellipses plus grandes sur la synthèse graphique ; Figure 3). Le bar nanka et le machoiron sont dans une situation qualifiée de « sur-exploitation marquée (C) » (Tab. 3). Dans les estimations les plus pessimistes, l’excédent d’effort pourrait ici dépasser 50 % et les biomasses se situer au-dessous des niveaux de précaution. Pour les trois autres espèces de la communauté à Sciaenidés – le bobo, le bar ségénalais (P. senegalensis) et le petit capitaine – le diagnostic est qualifié de « sur-exploitation modérée (B) », avec un indice de certitude de 3/5 (diagnostic « vraisemblable »). Enfin, la situation serait plus favorable pour les deux espèces de la communauté à sparidés, le pagre à points bleus et le pageot. Faute de séries historiques de données commerciales ou scientifiques, seules des analyses assez rudimentaires ont cependant pu être conduites pour ces deux espèces et le diagnostic est ici qualifié d’incertain, voir « très douteux ».

Au Cap Vert, le stock de Garoupa est considéré comme étant proche de la pleine exploitation (avec un potentiel limité, estimé à 130 tonnes). Le stock de langoustes profondes serait « modérément sur-exploité », mais ce diagnostic global pourrait masquer des situations contrastées entre différents sous stocks inféodés aux différentes régions insulaires cap verdiennes ; il est ainsi qualifié d’incertain.

Enfin, en Mauritanie, l’absence de toute donnée commerciale disponible au moment de l’étude (1), rend illusoire un réel travail d’évaluation. L’étude préliminaire menée sur les données des campagnes scientifiques conduit à des résultats non concluants pour le pagre à points bleus et le tollo Mustellus mustellus. En revanche, pour le pageot et le thiof, des baisses importantes de biomasse sont mises en évidence entre 1982 et 1999. Elles pourraient traduire des situations de nette sur-exploitation, mais ce diagnostic reste néanmoins incertain.

 

La mise en cohérence de l’ensemble de ces résultats dans un tableau unique (Tab. 4) permet d’en faire une lecture plus synthétique. Une lecture verticale conduit à une analyse par pays. On observe ainsi les situations les plus dégradées, avec de « graves sur-exploitations » au Sénégal. En Guinée, la situation semble plus favorable mais ceci n'est vrai que par comparaison ; les diagnostics sont ici soit incertains, soit d’une sur-exploitation modérée à marquée. En Mauritanie, une connaissance très parcellaire semble indiquer une situation intermédiaire. Une lecture horizontale du tableau montre que la communauté du large à sparidés est très nettement sur-exploitée au Sénégal comme en Mauritanie ; elle paraît dans une situation plus favorable en Guinée mais les diagnostics sont ici incertains et ne sont pas confirmés par les analyses menées globalement à l’échelle de la communauté (cf. ci-après). La communauté côtière à Sciaenidés, qui connaît son expansion maximale en Guinée, semble nettement sur-exploitée dans ce pays. Enfin, on notera qu’en dehors de ces deux communautés ichtyologiques, la connaissance reste extrêmement fragmentaire en ce qui concerne les autres ressources démersales (nous y reviendrons en partie discussion).

 

 

Tableau 4 - Indicateurs Bilan de l’état des stocks par espèce et par pays (cf. définition des indicateurs au tableau 1).

 

 

 

Cap Vert

Mauritanie

Sénégal-Gambie

Guinée

Communauté à Sparidés

S.caeroleostictus

Pagre pt.bl

 

0/5

C   4/5

A-B   2/5

P.bellottii

Pageot

 

C   2/5

D   5/5

A   1/5

P.prayensis

Rouget

 

 

A   3/5

 

C.taeniops

Garoupa

A   3/5

 

 

 

E.aeneus

Thiof

 

C   2/5

D   5/5

 

Communauté à Sciaenidés

P.elongatus

Bobo

 

 

 

B   3/5

P.senegalensis

Bar sénégal.

 

 

 

B   3/5

P.typus

Bar nanka

 

 

 

C   4/5

G.decadactylus

Petit Capit.

 

 

D   4/5

B   3/5

Arius spp.

Machoiron

 

 

 

C   4/5

Sélaciens

M.mustelus

Tollo

 

0/5

 

 

Céphalop.

O.vulgaris

Poulpe

 

 

0/5 (1)

 

Crustacés

P.charlestoni

Langou.prof.

B   2/5

 

 

 

P.notialis

Crevette côt.

 

0/5

 

 

 

 

 

·         Du stock à la communauté et au groupe fonctionnel : l’exemple de la Guinée

En Guinée, l’existence d’une série de campagnes scientifiques relativement standards, de 1985 à 1998, permet d’estimer des indices d’abondance par communauté écologique et, à l’intérieur de chaque communauté, par classe trophique. Ces estimations mettent en évidence plusieurs aspects importants.

-        La diminution d’abondance de la communauté côtière à sciaenidés est estimée à 44 % (entre 86/88 et 96/98). Elle est donc moins forte que celle des cinq espèces précédemment considérées (- 70 %). Assez logiquement, ce sont les principales espèces cibles, celles qui ont été sélectionnées dans l’étude compte tenu de leur importance économique, qui subissent ainsi l’impact le plus fort de la pression de pêche.

-        Cette diminution reste évidemment importante. La biomasse de la communauté à sparidés chuterait quant à elle de 75 %, mais ce résultat pourrait ne concerner que la frange la moins profonde de cette communauté (3). Globalement, les deux communautés à sciaenidés et à sparidés constituent l’essentiel des ressources ichtyologiques démersales de Guinée. Ces ressources seraient ainsi divisées par plus de 2, en une dizaine d’années.

-        La diminution n’affecte pas de la même manière l’ensemble des classes trophiques. Pour la communauté côtière à sciaenidés, qui était dans une situation proche de l’état vierge en début de période, les baisses les plus fortes concernent les prédateurs supérieurs, tandis que les classes trophiques les plus basses semblent comparativement moins affectées. Pour la communauté à sparidés, sans doute déjà exploitée intensivement au début des années 80, les diminutions sont comparables pour toutes les classes trophiques mais l’abondance des prédateurs supérieurs apparaît extrêmement faible ; tout se passe en définitive ici comme si ces prédateurs avaient déjà été affectés par l’exploitation, antérieurement à la période considérée.

 

Figure 4 - Evolution de l’abondance des communautés écologiques et groupes fonctionnels en Guinée (indices GLM estimés d’après les données de campagnes scientifiques ; pourcentage d'évolution entre 86/88 et 96/98).

 

 

 

Discussion – conclusion

Naturellement, les résultats présentés ici sont entachés d’une certaine incertitude. Il est en particulier discutable de mener les évaluations de stocks à l’échelle nationale, indépendamment de leur réelle aire de répartition. De ce point de vue, les traitements effectués s’appuient sur une démarche pragmatique, privilégiant des critères d’accessibilité aux données et de mise en œuvre de politiques de gestion des pêches, actuellement définis dans un cadre national (le stock unité de gestion). A terme, il serait évidemment souhaitable de reprendre ces traitements à l’échelle sous-régionale, ce que devrait faciliter le travail d’intégration des bases de données mené lors du projet SIAP.

 

On notera également que les méthodes d’évaluation mises en œuvre sont des méthodes relativement rudimentaires. Elles ont ici été jugées plus adaptées à un environnement dit « data poor » que des méthodes statistiquement plus performantes mais « gourmandes » en données (telle que la VPA calibrée). En quelque sorte, l’absence, l’hétérogénéité, ou parfois la faible fiabilité des données est ici compensée, d’une part, par la mise en œuvre de méthodes fondées sur des hypothèses contraignantes, et d’autre part, par le croisement de différentes approches basées sur les différents types de données et informations disponibles. La démultiplication des analyses pour différentes méthodes, données et hypothèses, permet au bout du compte de préciser un ensemble de solutions plausibles et de proposer un diagnostic assorti d’un indice de certitude.

 

En définitive, les évaluations de stocks menées dans le cadre du projet SIAP mettent clairement en évidence des situations de grave sur-exploitation au Sénégal, avec des biomasses très dégradées et des pertes de captures très importantes pour des espèces économiquement importantes comme le thiof, le pageot, le pagre et le tiekem. En Guinée, les principales espèces cibles sont dans une situation qualifiée de « sur-exploitation modérée à marquée » ; les baisses d’abondances sont fortes et on estime que les ressources ichtyologiques démersales ont été globalement divisées par deux dans la dernière décennie. Les résultats concernant la Mauritanie sont extrêmement fragmentaires mais semblent néanmoins confirmer des situations dégradées pour des espèces comme le thiof et le pageot.

 

Ces diagnostics sont confirmés ou complétés par des travaux menés parallèlement au projet SIAP. En particulier en Mauritanie, un récent symposium en évaluation des stocks (Nouadhibou, décembre 2002) a montré que la production de poissons démersaux stagne ces dernières années, traduisant une situation globale de pleine ou de sur-exploitation. Des baisses d'abondance sont mises en évidence pour plusieurs espèces importantes comme le rouget, le thiof et les machoirons. Le stock de poulpes, qui constitue une ressource essentielle de ce pays, est quant à lui considéré comme étant dans une situation de sur-exploitation marquée avec des pertes de captures très significatives comparativement au potentiel de production biologique. De même au Sénégal, un symposium tenu en 1999 a conclu à une situation de pleine ou de sur-exploitation du poulpe, alors même que cette espèce a connu un très net accroissement d’abondance dans les années 80.

 

Globalement, il ne fait donc guère de doute que les ressources démersales des pays de la CSRP sont actuellement dans une situation dégradée, avec des biomasses très diminuées et des niveaux de captures souvent très inférieurs aux potentiels biologiques.

 

Quelques pêcheries démersales semblent encore en phase d’expansion. C’est notamment le cas de l’exploitation des crevettes en Mauritanie et, dans une moindre mesure, au Sénégal. Même cette évolution n’est cependant pas un signe encourageant. Elle traduit vraisemblablement un changement de nature écosystémique, lié à la sur-exploitation et qui voit des espèces de bas niveau trophique se développer en même temps que diminue l’abondance des prédateurs supérieurs.

 

Ce type d’évolution traduit une capacité de réaction de l’écosystème, à la pression de pêche. Il se double d’une capacité d’adaptation des pêcheurs eux-mêmes (Poinsard et Garcia, 1984). Au fur et à mesure que les captures de poissons diminuent, par suite de leur sur-exploitation, l’effort de pêche se reporte ainsi sur des ressources émergentes telles que les céphalopodes ou les crevettes. Dans un premier temps, le développement économique des pêcheries est ainsi assuré. A plus long terme, on doit évidemment craindre la sur-exploitation de ces ressources nouvelles. Celle-ci marquerait vraisemblablement la fin des capacités de réaction de l’écosystème et on pourrait dans un tel cas assister à un effondrement des pêcheries démersales, tant industrielles qu’artisanales, incapables d’assurer leur viabilité économique dans un contexte d’écosystème durablement appauvri. Un tel scénario catastrophe n’est heureusement pas inéluctable ; à l’inverse, il ne doit pas être exclu. Il ne peut qu’inciter les pêcheurs comme les responsables administratifs ou politiques à prendre des mesures conséquentes d’aménagement des pêches. Les résultats obtenus dans le cadre du projet SIAP en soulignent l’impérieuse actualité.

 

 

 

 

Remerciements : Ce travail a été réalisé en collaboration avec les participants du module SIAP-Analyses :

Y. Camara, A. Caverivière, F. Domain, J. Guitton, C. Inejih, A. Medina, A. Mendy, K. Mohamed Fall, C. Perales-Raya, 0. Tariche, D. Thiam, D. Thiao

 

 

 

Bibliographie

Documents projet SIAP

 

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Barry M.D., Thiao, D., Laurans M., et Gascuel D. 2003. Analyse de l'état du stock de Pagellus bellotti au Sénégal par les approches globales et structurales. In : Pêcherie maritime, écosystème et société en Afrique de l'ouest: un demi siècle de changement. Poster

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Laurans M., Barry M., 2002 - Diagnostic par l'approche structurale de l'état du stock de Pagre à points bleus (Pagrus caeruleostictus) au Sénégal. In : Gascuel D., Barry M.D., Laurans M. et Sidibé A. (eds.), 2003.

Laurans M., Barry M. et Gascuel D. 2002 - Diagnostics de cinq stocks sénégalais par l’approche globale (Galeoides decadactylus, Pagellus bellottii, Pseudupeneus prayensis, Sparus caeruleostictus, Epinephelus aeneus). In : Gascuel D., Barry M.D., Laurans M. et Sidibé A. (eds.), 2003.

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Autres documents

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([1]) Chaque classe trophique regroupe les espèces de même niveau trophique qui occupe donc théoriquement une place équivalente dans les réseaux trophiques (du niveau 2 pour les producteurs secondaires phytophages, à des niveaux généralement supérieurs à 4 pur les prédateurs supérieurs). En première analyse, la classe trophique d’une communauté écologique donnée est ici considérée comme un « groupe fonctionnel » ; elle regroupe les espèces de même répartition spatiale et de même place dans les réseaux trophiques.

 

([2]) Gulland (1969) propose la relation empirique Bv = MSY/ (2.M), qui apparaît adapté au cas d'un stock dont la dynamique suit un modèle de Schaefer. On utilise ici la relation Bv = MSY/(e.M), plus adaptée pour un modèle de Fox. On en déduit une estimation de la biomasse pour chaque année de la série étudiée, soit : Bi = (B/Bv)i . Bv

(1) Postérieurement aux travaux du projet SIAP et au Symposium de Dakar, un groupe de travail international s’est tenu en décembre 2002 à Nouadhibou. A cet occasion, les bases de données ont pu être très largement reconstituées et mises à disposition des scientifiques. Un certain nombre d’analyses ont pu être conduites sur lesquelles nous reviendront succinctement dans la discussion du présent document.

(3) En effet, les campagnes CHAGUI ont surtout échantillonné la zone côtière. Par ailleurs, on note qu'entre 1993 et 1995 les sciaenidés présentent des abondances minimales, alors que les sparidés connaissent un pic relatif de biomasse. Il est cependant vraisemblable que cette évolution soit un artefact d’échantillonnage lié à un changement de répartition spatio-temporelle des traits de chaluts entre les campagnes CHAGUI et CHAIND.